Marine Le Pen : « il faut dissoudre le Syndicat de la magistrature »

 

L’évasion spectaculaire de Rédoine Faïd n’avait pas manqué de la faire vivement réagir, c’était sans compter sur la dernière annonce en date de Christiane Taubira, la garde des sceaux, qui a proposé un assouplissement de la procédure de suspension de peine pour raison médicale. La goutte de trop pour Marine Le Pen, la présidente du Front National, qui estime que la ministre de la justice a « lancé des signaux qui agissent comme des hormones de croissance de la délinquance » et demande sa démission depuis de nombreux mois. La patronne du FN revient également sur les prochaines échéances électorales, convaincue par exemple que le parti d’extrême droite arrivera en tête des européennes de 2014.
Entretien.

écouter l’entretien audio :

Farouk Atig :

« Marine Le Pen, la garde des sceaux souhaite assouplir la procédure de suspension de peine pour raison médicale. Votre première réaction à ce sujet ? »

Marine Le Pen :

« Ecoutez, Madame Taubira n’a eu de cesse depuis qu’elle est arrivée à son poste d’exprimer tout ce qu’il y a de pire dans le gaucho-laxisme. Quelle que soit la situation aujourd’hui, elle a lancé des signaux qui agissent comme des hormones de croissance de la délinquance. Et c’est si vrai d’ailleurs que cette délinquance a explosé dans des proportions qui aujourd’hui sont absolument dramatiques. Elle a indiqué que la prison était une mauvaise solution. Elle n’a pas mis en œuvre les constructions nécessaires de places de prison, qui font d’ailleurs que la France est régulièrement montrée du doigt comme ne respectant pas le minimum de respect des droits de l’homme dans le cadre des incarcérations. Par conséquent, tout le reste m’apparait comme étant de la poudre aux yeux. »

Farouk Atig :

« Vous venez d’évoquer la situation du système carcéral français. Quelle est la solution envisagée par le Front National aujourd’hui pour lutter contre la surpopulation dans les prisons françaises ? »

Marine Le Pen :

« Il faut créer 40.000 places de prison. Mais 40.000 places de prison, ça peut être aussi dans des centres d’éducation fermés, ouverts, ou semi-ouverts. Or, le gouvernement brade le patrimoine des Français. Depuis des années, on vend à tour de bras, des hôpitaux, des casernes, c’est-à-dire des bâtiments qui étaient déjà prévus pour accueillir du public, et que l’on aurait pu à moindre coût transformer justement en centres pour des mineurs ou pour des primo-délinquants, ce qui aurait permis de libérer des places dans les centrales, et cela n’a pas été fait. Et ça ne sera pas fait parce qu’idéologiquement, le gouvernement précédent de droite était incapable et que le gouvernement de gauche est idéologiquement opposé à tout ce qui peut être apparenté de près ou de loin à de la fermeté à l’égard de la délinquance ou de la criminalité. Par conséquent, il y a des solutions, et 40.000 places de prison, ça ne nous mettrait somme toute qu’à la moyenne européenne par rapport à notre population. »

Farouk Atig :

« Marine Le Pen, Christiane Taubira a aussi vivement réagi à cette affaire du « mur des cons », découvert au sein du Syndicat de la magistrature. Qu’en pensez-vous ?« 

Marine Le Pen :

« Je crois que le problème a été mal posé. Ce n’est pas l’injure qui est importante, ce qui est important c’est qu’il y a une rupture là des magistrats concernant leur impartialité. Et on peut tout à fait imaginer lorsque l’on voit la petite affichette au-dessous de laquelle est marquée « mets une flamme sur le Front des cons fascistes », et la flamme est celle du Front National, que les adhérents du Front National, les cadres, les élus, ne seront pas jugés comme n’importe quel citoyen par les magistrats de ce syndicat. Par conséquent, il faut que ce syndicat soit dissout. Et de manière générale d’ailleurs, on voit mal ce qui justifie le syndicalisme des magistrats. »

Farouk Atig :

« Les municipales arrivent à grands pas, nous sommes en 2013, 2014 c’est dans quelques mois. Est-ce que le Front National est prêt, et serein à l’idée d’affronter cette prochaine législature ? »

Marine Le Pen :

« Oui, nous sommes sereins et nous sommes très avancés, il faut bien le dire, par rapport aux autres mouvements politiques. Puisque nous avons à un an de ces municipales d’ores et déjà investi 350 candidats, et que nous enregistrons sur le terrain un grand enthousiasme pour participer à cette élection municipale. Il y aura aussi quelques semaines après les municipales des élections européennes qui font déjà beaucoup parler dans les états-majors car je crois que le Front National pourra arriver en tête de cette élection européenne compte-tenu du désamour et de la rupture totale de confiance qui existent aujourd’hui -et à juste titre- entre le peuple français et l’Union soviétique européenne. »

Farouk Atig :

« Est-ce que vous ne surfez pas aussi sur les sondages révélés récemment sur votre popularité et vous placent dans le duo de tête des personnalités françaises préférées de la classe politique ? »

Marine Le Pen :

« Je crois que c’est aussi le résultat d’un comportement de droiture, d’un comportement de  franchise, d’un comportement d’honnêteté qui aujourd’hui manquent à la vie politique française. Nous n’avons pas varié dans nos positions, nous avons eu le courage de les exprimer envers et contre toute la classe politique, et parfois même contre la classe médiatique. Et chaque jour qui passe nous donne raison dans nos analyses. Eh bien cette franchise, ce courage, cette lucidité, c’est ce que les Français attendent. »

Entretien réalisé par Farouk Atig et William Dassonville.

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