PSG, un titre à 203 millions d’euros

 
Après quasiment deux décennies de disette, le Paris Saint-Germain devrait, sauf incident, devenir Champion de France de football. Ça n’est plus qu’une question de semaines. Un titre acquis à coups tordus en interne, de transferts à prix d’or, le plus souvent sur-médiatisés. Retour sur une saison hors-norme pour le club de la capitale…
 
 

Les Qataris prennent le pouvoir

Avec l’arrivée de Nasser El-Khélaïfi, le 4 novembre 2011 à la présidence du Paris-Saint-Germain, tout le monde en convenait : le foot français allait changer de planète. Dix-huit mois après, le PSG a changé du tout au tout. Dès la fin de l’année 2011, Antoine Kombouaré, alors manager de l’équipe pro, est brutalement remercié alors que sous sa direction, le club occupe la deuxième place du championnat.  Tout le monde s’interroge alors sur l’intérêt plus que relatif de ce limogeage. C’est la volonté d’un seul homme : l’émir qatari, lui-même, qui, dans la foulée, fait signer le manager italien Carlo Ancelotti. Suite à cette arrivée, les Qataris dévoilent leurs plans et dire qu’ils voient les choses en grand, est un euphémisme. Les nouveaux patrons ont annoncé leur volonté de créer un centre de formation ultra moderne et de construire un stade de 60 000 places. Ces deux projets ont eu beau provoqué la colère de la mairie de Paris, partenaire financier historique du club,  rien ne pouvait s’opposer à la volonté et surtout, au portefeuille particulièrement fourni des patrons orientaux du club, pour mener à bien leurs deux souhaits.

Léonardo, un caméléon qui connaît bien la maison

Officiellement nommé au début de l’été 2011 comme patron du domaine sportif du club de la capitale, Léonardo revient dans un club ou il a été joueur durant la saison 1996-1997. Quitter Milan n’a pas, pour Léo, été simple pour lui. II a dû forcer la main du Président Lombard Moratti aux termes d’épiques négociations entre Léo lui-même, le président italien et Doha. Après avoir résilié son contrat avec l’Inter de Milan, et son sulfureux Président Massimo Moratti, Léonardo devient directeur sportif du PSG version qatarie, le mercredi 13 juillet 2011. Mais, malin, pour éviter d’être en première ligne en cas de mauvais résultats sportif, l’ex international brésilien a négocié avec ses patrons des émirats, la nomination d’un Président officiel, originaire du Qatar. Et, c’est même « Léo » lui-même qui a proposé le nom de l’actuel Président Nasser Al-Khelaïfi aux émirs du Qatar. Une proposition validée par ses employeurs. Epaulé par le Français Christophe Blanc (ex-directeur sportif de la Juventus de Turin, ndlr), Léonardo prend les rênes du club de la capitale, mais il ne travaillera pas bénévolement. Il exige et obtient de ses nouveaux patrons un salaire net estimé à plus de 200.000 euros mensuel. Dès lors, les Qataris vont négocier à tout-va pour recruter les meilleurs joueurs de la planète, avec un budget quasiment illimité. Jamais, ils n’hésiteront à sortir le carnet de chèques.

Un été 2012 transformé en feu d’artifice financier

Lucas Moura (45 millions d’euros), Thiago Silva (42 millions d’euros),  Zlatan Ibrahimovic (21 millions d’euros de transfert avec un salaire annuel de 14 millions), sans oublier Thiago Motta, Verratti, Lavezzi, Van Der Wiel, Sirigu… Chaque semaine de l’été 2012 venait s’ajouter une star supplémentaire, voire deux, à l’effectif déjà pléthorique du club de la capitale. Durant tout l’été, les conférences de presse post-signature se sont succédées à un rythme effréné. Le foot-business a même été poussé à son paroxysme, lorsque, le même jour, le prodige italien Verratti et le talentueux attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic se succèdent en salle de presse du Camp des Loges (centre d’entraînement du PSG, ndlr.) pour officialiser leur intégration au club.

Une saison 2012/2013 qui n’a vraiment pas été un long fleuve tranquille

Au vu de son recrutement cinq étoiles, on pouvait s’attendre à ce que le club parisien écrase la concurrence, survole toutes les compétitions dans lesquelles il était lancé. Ce fut loin d’être le cas. A commencer par le championnat. A aucun moment, le PSG, ironiquement surnommé QSG pour Qatar Saint Germain par ses détracteurs, n’a réellement donné l’impression de dominer les poids lourds de la compétition (Lyon, Lille, Bordeaux, Marseille), bien au contraire. Les bourdes, les accidents de parcours n’ont pas manqué. Même si le club de la capitale ne compte « que » 5 défaites en 34 journées de championnat, certaines restent plus humiliantes que d’autres, comme celle, ce samedi où les coéquipiers de Lucas Moura ont perdu contre le Stade Rennais, alors que les Bretons ont fini le match l’extérieur à 9 contre 11 : humiliés, les joueurs du PSG avaient promptement quitté la pelouse du Parc…

Les Qataris sont arrivés à la tête du club parisien, il y a deux ans, à peine. Ils avaient et ont toujours la ferme intention de gagner autant de trophées que d’argent avec le Paris Saint Germain. Reste à savoir si Qatar Sports Investments (QSI) va réussir, dans les prochaines années, là ou Colony Capital (Fonds d’investissements américain, propriétaire du club avant l’arrivée des Qataris, ndlr ) a perdu plusieurs millions d’euros sous sa présidence…

Charles dos Santos

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Jean-Philippe Sapeur
Jean-Philippe Sapeur est journaliste indépendant. Il est un de nos correspondants.
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