Correa, un discours Français

Le 7 novembre 2013, le président de l’Equateur, Raphael Correa Delgado, rencontrait son homologue français, François Hollande. Au lendemain de sa visite officielle à l’Elysée, Correa a donné une conférence de presse dans un de ces grands clairs salons de l’hôtel Meurice. D’une voix limpide et grave, il a tenu à rappeler aux journalistes venus l’écouter sa détermination à faire de la justice sociale la priorité des échanges internationaux.

Photo : Intégrales Productions
Photo : Intégrales Productions

Placer la société civile au coeur des échanges

 » Si je peux apporter ma contribution à un monde plus juste », pose t-il, la main tendue vers l’avant, à hauteur des yeux. Ce monsieur nous regarde en face. Le but de sa visite est clair. Il argumente : « Dans un contexte de crise, plus que jamais, la priorité qui s’impose aux politiques est l’exigence de justice sociale. » En ligne de mire : les acteurs, ou plutôt ceux qui font jouer les flux financiers. Lorsque « l’injustice vient de l’abus des plus puissants », le rôle du politique est de positionner le citoyen au centre. Préoccupé par la façon dont s’est compliquée la crise à travers la société européenne, Correa a déploré le sort des Grecs et des Espagnols, qui se sont vus peu à peu dépossédés de leurs responsabilités courantes. Au quotidien, les gens faisaient des crédits pour acheter des robots ménagers, par exemple, sans se soucier des taux d’intérêts, qui eux mêmes varient en fonction de la fluctuation de la monnaie, etc…pour finalement être contraints de céder leurs biens les plus vitaux. La solution que propose le président sud-américain ? Un audit de la dette intérieure – convoqué par les gouvernements, et élaboré avec le concours des citoyens. A ses yeux, la tâche qui incombe au politique est d’éclairer et de soutenir une société civile qui se prend en main.

L’invitation française

Puis, en guise de réponses aux questions posées par la presse écrite et les chaînes de télévision, le président de la république équatorienne a fait parler les principes de la république française  :

– L’égalité entre les Etats qui commercent entre eux ( en référence au projet de coopération économique, dans le cadre du mémoire d’entente signé entre UBIFRANCE et PROECUADOR)

– La fraternité, à travers le partage des savoirs (une allusion au projet de coopération scientifique, universitaire et culturelle avec la France), mais surtout de la coopération internationale en faveur de la justice sociale

– La liberté, en rappelant l’indépendance des pays d’Amérique Latine. Le président a fait allusion aux « vestiges du colonialisme ».   » Nous n’avons pas voulu de la cloche autour du cou. », a t-il martelé.

Le timbre sombre et direct concluait d’un  » Vive la France ».

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - aussi à la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...). SITE PERSO : claraschmelck.com

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