Les socialistes dans la tourmente

 

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Dossier spécial

(suite)

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Un autre sondage -réalisé cette fois par le plus ancien des instituts français- montre là encore que la popularité du chef de l’état est en sérieux péril. Selon le baromètre de l’IFOP, François Hollande bat le record d’impopularité d’un président français depuis 1958, avec une cote de popularité en baisse de trois points pour le mois de novembre, qui atteint désormais tout juste 20 % (1972 personnes interrogées par téléphone entre le 8 et le 16 novembre, ndlr).

Curée amère pour les afficionados du mercure échantillonneur, un autre sondage publié ce dimanche par le JDD (hebdomadaire boulimique en la matière) révèle dans la foulée que la désaffection des Français ne se limite pas au seul navire socialiste, puisque pour la majorité des sondés, ni l’UMP, ni même le FN ne seraient en mesure de faire « mieux si (ils) étaient au pouvoir ».

Jean-Marc Ayrault, lors d'un déplacement le 8 novembre à Marseille
Jean-Marc Ayrault, lors d’un déplacement le 8 novembre à Marseille

L’impasse qui ne cesse de s’aggraver à l’Elysée est donc aussi politique, si bien que les voix les plus courageuses à droite comme à gauche continuent d’appeler le chef de l’état à procéder à une sérieuse refonte de sa politique, la plupart hurlant à ceux qui veulent bien l’entendre que cette disposition nécessite au préalable un remaniement gouvernemental. Bruno Le Roux n’est pas le premier à avoir enfoncé le clou mais le patron des députés PS juge tout de même que «la situation est toujours préoccupante pour le pays», tout en feignant de faire preuve de confiance. A l’aile gauche du PS, on est évidemment plus critique : Marie-Noëlle Lienemann, cofondatrice de «Maintenant la gauche», demande ni plus ni moins qu’ «un changement de ligne politique». Et la sénatrice d’appeler à un sursaut socialiste que réclame aussi le maire de Lyon Gérard Collomb. Le sénateur socialiste, qui n’en est pas à sa première mise en garde à l’égard du chef de l’état, considère que sans « réforme courageuse et structurelle », le pays ira « droit au mur ». Raison pour laquelle celui qui se définit comme un « social-réformiste » avait lancé son club de réflexion ouvert aux parlementaires de la majorité au début de l’été.

A l’exception de sa garde rapprochée, rares sont les socialistes qui appuient encore ouvertement la politique du gouvernement. Patron des sénateurs PS, François Rebsamen maintient le discours d’unité. Ce proche de François Hollande juge qu’il est impératif de toujours «faire bloc» derrière le Premier ministre. Car en ces périodes de fortes intempéries, la majorité doit se montrer « unie et soudée » pour ne pas ajouter à la cacophonie ambiante.

Malek Boutih appréciera certainement.

Voir aussi la première partie de notre dossier spécial : « Hollande, un « capitaine de pédalo » au pilori »

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