La Libye se prépare au pire

 Farouk Atig est un des rares journalistes étrangers présents en Libye en ce moment. Après l’assassinat d’un ancien général de l’armée le soir du mercredi 17 septembre à Benghazi, les combats pourraient s’intensifier cette semaine entre les islamistes d’Aube Libyenne et l’armée du gouvernement. 

Zuwara sous la menace des combats

 Ras El Jedir, poste frontière libyen menant à la Tunisie.
Ras El Jedir, le 19 septembre. Le petit poste frontière libyen menant à la Tunisie pourrait être extirpé de son calme dans les prochains jours.

« Faire la route de la frontière tunisienne jusqu’à Zuwara -à 60 kilomètres plus à l’est- se fait plus ou moins sans risque. Au-delà de cette ville, regagner Tripoli par la route est une opération de tous les dangers. Raison pour laquelle il nous a été proposé de prendre un hélicoptère depuis l’aéroport de Zuwara », rapporte Farouk Atig, rédacteur en chef d’Intégrales Mag et envoyé spécial en Libye.

 

Zuwara airport, ce matin. Plus aucun vol vers Tripoli ne part de cette petite ville portuaire de Libye, à 60 kilomètres de la frontière tunisienne, est peuplée majoritairement de berbères.
Zuwara airport, ce matin. Plus aucun avion de lignante dessert  Tripoli depuis cette ville portuaire de Libye, à 60 kilomètres de la frontière tunisienne.

 

Zuwara, peuplée majoritairement d’amazighs (berbères) qui soutiennent la coalition islamiste de « Fajr Libya » (Aube Libyenne), est sous la menace des combats, depuis que l’organisation islamiste a renversé par les armes le gouvernement le 28 août dernier, forçant celui-ci à s’exiler à plus de 1200 kilomètres à l’est, dans la ville de Tobrouk.

Tripoli aux mains des islamistes

Rien de comparable néanmoins avec Tripoli : prise en tenaille par les troupes du général à la retraite Khalifa Haftar, appuyée par les unités de l’armée libyenne, la capitale reste pour le moment contrôlée par les islamistes de Fajr Libya.

Les combats promettent de redoubler d’intensité ces prochains jours à Tripoli , que le gouvernement chassé par les armes espère reprendre au plus vite.

Mais, la partie s’annonce difficile sachant que 20 à 30 millions d’armes circuleraient aujourd’hui dans le pays, dont une partie serait aux mains des rebelles de « Fajr Libya » et des diverses milices.

 

Farouk Atig, envoyé spécial en Libye, avec Clara Schmelck, à Paris

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