Numérique : la France veut sa place sur le nouvel échiquier mondial

Samedi 4 octobre, le Premier ministre français, Manuel Valls, a ouvert une grande consultation nationale sur le numérique, et invite les acteurs de la société civile à s’exprimer sur un site dédié : jusqu’à fin janvier 2015, contribuez.cnnumerique.fr est ouvert aux internautes. Une initiative qui s’inscrit plus largement dans une réflexion sur le rôle de la France dans la gouvernance numérique internationale. 

Donner une place aux français dans l’économie numérique

Lors de son discours samedi à Paris, Manuel Valls a insisté sur quatre points parmi les thèmes de la concertation : modernisation de l’économie française, liberté et responsabilité à l’ère du numérique, exploitation massive des méga-données (le fameux Big data) pour mieux cibler les politiques publiques, et lutte contre la fracture numérique.

Cette concertation citoyenne en ligne, une première du genre, a été voulue par le Conseil national du numérique, qui a développé un site dédié articulé autour de quatre grands axes : la croissance et l’innovation, les droits et les libertés, les enjeux sociétaux et, enfin, la modernisation de l’Etat. Benoit Thieulin, président du Conseil, Valérie Peugeot, vice-présidente transition numérique au Conseil, ainsi que la plupart des acteurs du secteur, ont expliqué les enjeux de la consultation dans une série de clips vidéo via DailyMotion qui se veulent attrayants et accessibles au plus grand nombre.
La France se met à jour : pourquoi une… par gouvernementFR

Positionner la France dans la gouvernance de l’internet mondial

Si la concertation entend donner une plus grande place aux français dans le numérique, à échelle internationale, le projet vise à donner toute sa place à la France dans la gouvernance de l’internet mondial.  Le premier ministre s’est amplement référé à l’initiative de la French Tech, et au travail accompli par Fleur Pellerin et Axelle Lemaire, figures de proue du récent rayonnement de la France numérique.

Les 4 tables rondes de la concertation dessinées par Hélène Pouille
Les 4 tables rondes de la concertation dessinées par Hélène Pouille

L’Europe « doit être au rendez-vous », faute de quoi elle « sortira de l’Histoire », avertissait Manuel Valls, déplorant un contexte où l’Internet et l’économie du numérique restent quasi-exclusivement dominés par de grands groupes américains.Un discours résolu, à mille encâblures du poussif topo sur la fracture numérique tenu le 8 avril, la main sur le minitel.

A présent, le premier ministre sait que la France a une place à prendre dans la gouvernance numérique mondiale : les États-Unis devraient renoncer dès décembre 2015 à administrer l’Icann, l’organisation régissant les noms de domaine du Net, et à leur contrôle absolu sur les communications électroniques de la planète, au profit d’une gestion commune.

Pour Axelle Lemaire, il est impérieux que la France fasse entendre sa voix dans une prochaine réforme de la nomination des membres du conseil d’administration, du processus de décision et de la règle du consensus. La secrétaire d’Etat au Numérique estime que l’Icann doit cesser d’agir  « au service de 80% des sociétés américaines qui composent les milieux d’affaire au sein de l’organisation ».

 Les 8 et 9 octobre, l’Organisation Internationale de la Francophonie organise une conférence à Montreal (Canada) sur l’avenir des médias francophones, et à laquelle participe notamment Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde. On ne doute pas que sera évoqué, ne serait-ce qu’en filigrane, la place de la France sur le nouvel échiquier mondial numérique.

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - aussi à la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...). SITE PERSO : claraschmelck.com

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