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Signal d’alerte des enfants syriens, Pokemon Go devient un réseau social

« Je suis à Idib. Venez me sauver ». Ceci n’est pas un jeu en réalité augmentée, mais une réalité qui fait surface, aussi soudainement qu’un Pokemon apparait au milieu d’un musée européen ou américain.  Sur Twitter, des enfants de Syrie s’associent à des figures Pokemon Go pour qu’on pense à venir les chercher et à les sauver de la guerre. Une façon de faire de Pokemon go un réseau social. 

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Sur chaque cliché géolocalisé, un message d’appel au secours est également inscrit en arabe sous le personnage Pokémon représenté.

Attirer l’attention

Le compte Twitter @RFS_mediaoffice, média des « forces révolutionnaires » syriennes, a publié plusieurs photos d’enfants syriens associés à des figures Pokemon, ces petites bestioles dont le jeu en réalité augmenté Pokemon Go a ravivé le succès.

Les opposants à Bachar al-Assad espèrent ainsi attirer le regard du monde sur le drame syrien. Depuis mars 2011, la guerre a causé 280.000 morts dans le pays, dont de nombreux enfants étant donné la structure démographique de ce pays jeune qu’est la Syrie.

Ce n’est pas la première fois qu’une population qui subit la guerre ou les déplacements liés aux conflits utilise pour vecteurs de communication des plateformes internet de services et de divertissement universellement fréquentées. Le 4 juillet dernier, un groupe de Syriens a annoncé comme logement à louer sur AirBnB la tente dans laquelle ils vivent en tant que réfugiés dans un camp grec. Une manière ironique de dénoncer les conditions misérables dans lesquelles les déplacés sont contraints de survivre en Europe.

Dans le cas de la campagne AirBnB comme dans celui de la campagne Pokemon Go, la démarche consiste à sensibiliser les citoyens européens et américains à travers une action qui recourt non pas à la pitié mais à une « loi de proximité » : l’internet rapproche tout le monde. Les personnes en zone de guerre ou déplacées sont connectées, et connaissent elles aussi les AirBnB, Pokemon et autres plateformes de services et de jeu dites « communautaires » ou « sociales ». Alors pourquoi cette indifférence globale des occidentaux vis-à-vis des enfants qui vivent en zone de guerre ou des réfugiés ?

Signaux d’alerte utilisés par des enfants en zone de confit ou par des réfugiés de guerre, ces réseaux deviennent ainsi véritablement sociaux.

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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