Le futur mur de Calais divise la presse britannique

La construction à Calais d’un mur pour empêcher les migrants de grimper sur des camions à destination de la Grande-Bretagne s’achèvera « avant la fin de l’année« , a confirmé le 10 septembre 2016 la préfecture du Pas-de-Calais. La presse britannique est divisée sur la légitimité et l’efficacité de cette décision transnationale. 

D’un coût de 2,7 millions d’euros, le mur, haut de quatre mètres et long d’un kilomètre, est financé par le Royaume-Uni.  L’édifice est destiné à empêcher les migrants qui affluent à Calais pour tenter de traverser la Manche de s’introduire sur la rocade portuaire et de grimper sur les camions en route vers le Royaume-Uni. Ce mur, qui sera construit le long de la route nationale 216 qui conduit au port de Calais, sera éclairé et équipé d’un système de vidéoprotection et de panneaux accueillant des messages.

Pour la préfecture, la « sécurisation des plates-formes transmanche répond » à une « stratégie globale de long terme pour diminuer l’attractivité du Calaisis pour les passeurs« . (communiqué).

« A la fois anti-intrusion et anti-bruit, ce dispositif qui permettra de protéger les riverains des tentatives répétées d’assauts de migrants s’inscrira pleinement dans son environnement en associant des parties végétalisées, striées et alvéolées« , a cru utile d’ajouter la préfecture dans son communiqué, comme soucieuse de l’impact du mur sur l’image de la côte d’Opale.

Image d’un mur « comme au Mexique »

crs65cvwaaaszayLa nécessité de construire et de financer un mur anti-migrants en France divise les éditorialistes britanniques.

Le Daliy Mail détaille, en une, « nous allons payer un mur en béton de 4 mètres de haut pour se préserver des migrants ». Ce type de gros titres, le président des « Hauts-de-France », Xavier Bertrand, s’en serait bien passé. Il  s’oppose à la construction de ce mur qui risquerait d’emmurer le Nord dans un imaginaire de zone frontalière hostile.  » Je ne veux pas que l’image de Calais et de la Côte d’Opale soit associée à des barbelés ou à un mur. C’est niet. Je le dis très clairement parce que les tabloïds anglais rêveraient d’un mur « à la Trump » comme au Mexique. » a t-il déclaré à la presse française.

Pour Sky News,  le mur représente surtout une gabegie. L’argent du contribuable britannique pourrait être consacré  à des mesures de sécurité plus efficaces.

ViceNews s’étonne pour sa part d’une si rapide coopération franco-britannique…quelques semaines seulement après le Brexit censé isoler l’archipel du continent.

Le Guardian est un des rares journaux d’outre-Manche a considérer la dimension inhumaine du projet. La construction du mur rappelle avec horreur le mur érigé par Israël en Cisjordanie à partir de 2002 , ou encore le mur de Berlin.

9000 migrants, dont 600 mineurs 

Plus de 9 000 migrants s’entassent aujourd’hui dans le bidonville. L’ Association locale « L’Auberge des Migrants » avance le chiffre de 600 mineurs isolés sur-vivant dans la zone que la presse s’est habituée à nommer la « Jungle » de Calais.

 

A lire dans La Croix : de Sangatte à Calais. 

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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