Japon : les nouvelles ambitions africaines

Relations internationales, états critiques 

Imprimer sa marque, touches par touches. Depuis quelque temps déjà, le Japon soigne ses relations avec l’Afrique, vaste continent de 54 pays et 1,2 milliard d’habitants qui, par-delà les maux qui le déstabilisent (catastrophes naturelles, conflits, crises sanitaires, terrorisme), recèle aussi de multiples ferments de croissance.

Lors de la sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), qui s’est achevée dimanche 28 août à Nairobi (Kenya), le gouvernement de Shinzo Abe a ainsi promis d’y consacrer 30 milliards de dollars (soit 27 milliards d’euros) d’ici à 2018, dont un tiers dans des projets d’infrastructure.

images-2Cette année, plusieurs chantiers de réflexion ont été ouverts. Avec, en ligne de mire, cette triple problématique : comment favoriser une industrialisation accrue, améliorer les soins de santé et promouvoir efficacement la stabilité politique, particulièrement volatile dans certains pays (République démocratique du Congo, Centrafrique, Burundi…) ?

A cette question délicate, Tokyo a sa réponse : par l’investissement. « Depuis la Ticad I (en 1993), organisée après la fin de la guerre froide, jusqu’à la Ticad III (2003), les relations nippo-africaines ont été fondées sur l’aide publique au développement. Depuis la Ticad IV (2008), le Japon a changé de cap en faveur du commerce. Au Kenya, où une trentaine de chefs d’Etat étaient présents, l’accent a été mis sur le rôle du secteur privé afin de lancer efficacement la ‘machine Afrique’ », explique Sadaharu Kataoka, professeur de relations internationales à l’université de Waseda, qui a participé à l’événement.

Au fil des années, le Japon a patiemment tissé sa toile. Non seulement dans des pays anglophones (Afrique du Sud, Kenya, Tanzanie, Ghana, Nigeria…), mais aussi francophones (Côte d’Ivoire, Sénégal) et même lusophone (Mozambique). Un moyen de cultiver son entregent, tout en assurant son rayonnement diplomatique et commercial, pour l’heure limité.

La suite sur « Relations internationales, états critiques« , par Aymeric Janier, Journaliste, spécialiste des relations internationales.

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Aymeric Janier

Aymeric Janier

Aymeric Janier est journaliste, notamment au Monde, et spécialiste des relations internationales. Il est l'auteur du blog "Relations internationales, états critiques".

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