Un CRS, transformé en torche humaine par un cocktail Molotov à Paris, le 1er mai : histoire d’une photo

ARRET SUR PHOTO

Le 1er mai, vers 15h, Boulevard Beaumarchais à Paris, plus de 600 membres issus de groupuscules « anarcho-autonomes » se dirigent vers les forces de police. Ils ont confectionné à leur attention des armes destinées à blesser grièvement : bombes aérosol sur lesquelles sont fixés de gros pétards, cocktails molotov, chariot en feu poussé au milieu des forces de l’ordre. L’un d’eux, qui selon plusieurs sources concordantes appartient au groupuscule « black blocks », a lancé un cocktail molotov sur les forces de l’ordre, laissant entre les flammes un CRS. A présent, l’homme souffre de brûlures aux 2e et 3e degrés au niveau du visage, du cou et sur une main. Au total, six policiers ont été blessés en marge des manifestations du 1er mai.

Le cliché du CRS en feu, pris Zakaria Abdelkafi, photographe auprès de l’AFP a fait la une du New York Times, du quotidien espagnol El País, et a été également repris par le Financial Times.

Vu de l’étranger, la photographie symbolise le climat de tension qui traverse le pays. C’est surtout le sentiment d’une injustice la plus démente et lâche qui pique les yeux à la vue de cette image. Ce CRS, fonctionnaire de 41 ans, père d’un enfant, était venu travailler et se retrouve étranglé par les flammes, mis en danger par un de ses propres concitoyens.

Torche humaine

« C’est un CRS, transformé en torche humaine par un cocktail Molotov à Paris, le 1er mai », décrit le photographe Zakaria Abdelkafi, pour l’AFP. Avant de se rendre à Paris, il a vécu à Alep, dans un pays où « la police n’est pas là pour te protéger, mais tire à balles réelles sur les manifestants. Alors qu’ici tout ce qu’elle faisait était d’envoyer des gaz lacrymogènes vers ceux qui l’attaquaient », décrit Abdelkafi sur le site de l’AFP Making of.

La photographie montre le policier au centre de la composition. Il est cerné par les flammes. Sur lui, son uniforme le protège à peine. Autour, ses collègues ne peuvent pas le dégager du feu.

« J’ai juste vu le policier enveloppé par les flammes, et j’ai déclenché en rafale. Le policier était en train d’éloigner une cartouche de gaz lacrymogène du pied, quand le cocktail Molotov l’a frappé. Je l’ai entendu crier. Et puis ceux qui l’entouraient se sont aussi mis à crier. Je l’ai photographié jusqu’à ce qu’il soit emmené par les secours. », raconte Zakaria Abdelkafi. A travers son cliché qui a fait le tour du monde, il a dénoncé le feu d’une absurdité qu’on ne peut absoudre.

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