3 choses à ne pas ignorer sur le massacre des Musulmans rohingyas au Myanmar

Lundi 4 septembre, l’ONU a annoncé que plus de 87 000 personnes, la plupart des musulmans rohingyas, ont fui depuis le 25 août les violences au Myanmar (Birmanie) pour se réfugier au Bangladesh voisin. La persécution de cette minorité religieuse est en train de devenir un génocide.

1. Le contexte : les prémices d’un conflit armé

Le 25 août, l’attaque d’une trentaine de postes de police par les rebelles de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), qui dit combattre pour défendre les droits bafoués de la minorité musulmane rohingya. L’armée birmane a répliqué en lançant une vaste opération dans cette région, poussant des dizaines de milliers de personnes sur les routes.

2. La persecution d’une minorité musulmane

Cette région, située dans l’ouest de la Birmanie, est marquée par de vives tensions entre musulmans et bouddhistes. Les Rohingya, minorité musulmane, sont victime de discriminations qui se traduisent par un refus de leur donner accès aux hôpitaux, aux écoles, et de limiter leur insertion sur le marché du travail.

Les Rohingya, pourtant présentes parfois depuis plusieurs générations en Birmanie, sont toujours appelés « bengalis » en Birmanie, pays à majorité bouddhiste qui continue de considérer ces citoyens musulmans comme des immigrés venus du Bangladesh.Les musulmans de Myanmar représente 4.3% de la population de 51.5 millions, selon le recensement de 2014.

« Cette minorité musulmane est victime de discriminations commises par des bouddhistes radicaux. Ils seraient des milliers à fuir chaque année, devenant la proie de trafiquants. En trois ans, 120.000 d’entre eux, sur un total de 1,3 million, ont quitté la Birmanie et le Bangladesh. », écrivait Le Figaro le 22 mai 2015.
Le tweet reproduit ci-dessous prouve que la persécution des musulmans de Birmanie est ancienne : Capture d’écran 2017-09-04 à 12.03.26

En France, des sites conspirationnistes reprennent la thèse selon laquelle ce groupe musulman sont une armée de terroristes islamistes en puissance persécutant les bouddhistes. Intégrales a ainsi relevé, sur Reseau International : « Depuis l’indépendance, la population musulmane de l’État d’Arakan est devenue la majorité, et les Bouddhistes ont subi des persécutions. Des temples sont souvent pris d’assaut et incendiés. Des viols de femmes bouddhistes locales par des hommes musulmans sont régulièrement rapportés. Les Bouddhistes d’Arakan vivent dans la peur. La violence islamiste contre les Bouddhistes dans l’État d’Arakan est souvent suivie d’attaques brutales contre des Musulmans, dans des régions du pays où ils sont minoritaires. »

3. La réaction de la communauté internationale : L’aide d’Erdogan et le silence de la Dame de Rangoon

Erdogan, décrié en Europe pour la façon dont il traite la minorité Yézidis dans son propre pays, figure au chevet des persécutés.

Ces jours-ci, les Twittos saluent le rôle de la Turquie, en le comparant au silence relatif des autres pays. Au lendemain des violences du 25 août,, le vice-Premier ministre turc, Bekir Bozdag, a effectivement condamné explicitement les massacres dans le nord d’Arakan et a appelé les Nations Unies et le Conseil de Sécurité de l’ONU à intervenir. »Nous condamnons fermement ces massacres qui ressemblent à des génocides au Myanmar (Birmanie) », a déclaré, Bekir Bozdag, sur son compte Twitter.

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Le silence de la dame de Rangoon

Prix Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi, la «Dame de Rangoun», qui dirige le pays aux côtés des militaires, est vivement critiquée pour ne pas prendre position sur les exactions commises par l’armée sur les Rohingyas.

« Près d’un quart de siècle plus tard, la «Dame de Rangoun», passée du rôle d’opposante à dirigeante, semble confrontée à la dure loi de la realpolitik« , écrit Le Figaro.

Farouk Atig, avec Clara Schmelck

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