GAZA : la guerre des mots

Critiqué après la sanglante répression d’un rassemblement palestinien de masse vendredi à Gaza, le gouvernement israélien tente de se justifier sur la scène internationale.

Vendredi, pendant la marche du retour, une manifestation populaire qui a rassemblé 30 000 Gazaouis à la frontière avec Israël 17 palestiniens ont été tués.

D’après le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé comme le reste de l’administration de l’enclave sous blocus par le mouvement islamiste Hamas, 800 participants de la «Marche du retour» ont été blessés par balles depuis vendredi.

Dimanche soir, le Quai d’Orsay a exprimé «sa plus vive préoccupation» et réaffirmé le «droit des Palestiniens à manifester pacifiquement». La France a appelé le gouvernement israélien à « la retenue ». Un mot bien timide pour empêcher l’escalade de la violence.


Terrain médiatique

L’affrontement entre Israël et le Hamas s’est déplacé dimanche sur le terrain médiatique. Massacre de civils ? Elimination de terroristes, rétorque Tsahal, qui dit avoir visé précisément certains individus au passé identifié.

The Times of Israel rapporte Kobi Meidan, un éminent animateur vétéran de la radio et de la télévision, ce qui a suscité des commentaires politiques lapidaires après avoir déclaré qu’il avait « honte d’être Israélien » au vu des actions des militaires au cours des violences de vendredi qui ont eu lieu le long de la frontière avec Gaza. « 25 ans en arrière » analyse le journal israélien Haaretz. Et toujours aucune solution.

Anti-bibisme

A 15h44, des manifestants brûlent un drapeau israélien au pied de la statue de la République selon l'une de nos reporters sur place. Une partie de la foule applaudit, l'autre siffle.
A 15h44, des manifestants brûlent un drapeau israélien au pied de la statue de la République selon l’une de nos reporters sur place. Une partie de la foule applaudit, l’autre siffle.

manifGaza

Sur les réseaux sociaux, un déchaînement intolérable et insupportable de propos antisémites ont suivi l’affrontement sanglant.

« L’antisémitisme désigne ceux qui détestent le peuple juif, dans toutes ses dimensions en lui attribuant toutes une série de défauts imaginaires. L’antisionisme désigne ceux qui s’opposent à l’existence de l’Etat d’Israël. Aucun nom ne désigne ceux qui s’opposent à la politique de l’actuel gouvernement israélien, sans pour autant remettre en cause l’existence de l’Etat d’Israël et encore moins être antisémites. Je propose de les nommer « antibibistes » ; en référence au diminutif (Bibi) du nom du premier ministre israélien qui mène cette politique.
Beaucoup d’Israéliens, de Palestiniens, et de gens de bonne volonté du monde entier ne sont qu’antibibistes, sans pour autant être ni antisionistes, ni antisémites. Et seuls les partisans de ce désastreux premier ministre, en Israël comme ailleurs, ont intérêt à entretenir cette suicidaire confusion. », rappelle l’intellectuel français Jacques Attali.

F.A et A.D

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