450 hommes, 80 femmes dont 7 enceintes, 89 adolescents et onze enfants de moins 13 ans…

Les 630 migrants secourus par l’Aquarius, au centre cette semaine des tensions sur la politique migratoire où l’UE a montré qu’elle était à la dérive, ont commencé à arriver dimanche 17 juin à l’aube. Puis, l’Aquarius, navire affrété par SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières (MSF), et un autre navire militaire italien, l’Orione, ont suivi.

Au total, 450 hommes, 80 femmes dont 7 enceintes, 89 adolescents et onze enfants de moins 13 ans auront survécu à ce périple de plus de 1500 kilomètres dans des conditions humanitaires désastreuses.

En pleine urgence, l’Union Européenne aura manifesté de manière ostensible ses divergences sur la question migratoire.

L’Espagne a annoncé, samedi 16 juin, qu’elle acceptait l’offre de la France d’accueillir des migrants de l’Aquarius après examen de leur situation. « Le gouvernement français collaborera avec le gouvernement espagnol dans l’accueil des migrants de l’Aquarius », a annoncé la vice-présidente du gouvernement espagnol, Carmen Calvo, dans un communiqué.

Inaction européenne

« L’inaction des États européens est criminelle : elle a fait plus de 13 000 morts en Méditerranée depuis 2014, alors que, face à la tragédie de Lampedusa en 2013, les dirigeants de l’UE s’étaient insurgés : « Plus jamais ! ». L’Europe porte ces morts sur sa conscience. » dénonce SOS Méditerranée ; ajoutant : « l’errance et les atermoiements dus à la fermeture des ports italiens, puis l’odyssée forcée, dangereuse et dégradante de l’Aquarius en Méditerranée doivent impérativement constituer un signal d’alerte pour les dirigeants européens. Il n’est pas tolérable pour l’Europe qu’une telle situation se répète. »

« les opérations de recherche et de sauvetage doivent être fondées sur le respect de la vie humaine avant toute autre considération, conformément au droit maritime international et au droit humanitaire » plaide l’ONG.

« À l’heure où l’Europe ferme ses frontières aux réfugiés, il est bon de se rappeler cet épisode de 1939 où un bateau de plus de 900 réfugiés juifs fut prié de retourner en Europe, sous le régime nazi. », rappelle Leïla Marchand dans un article paru sur Slate.fr Le Saint-Louis a dû faire demi-tour pour l’Europe, alors sous la botte nazie. Beaucoup de ses passagers furent victimes des camps.

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