Le « Plan pauvreté », ciment de la start-up Nation


Le « Plan pauvreté » proposé par le gouvernement Philippe le 13 septembre 2018 aux Français en septembre, n’a rien d’un tournant à gauche, comme l’a pourtant présenté certains journaux a l’instar de Libération.

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Ce « Plan » visant à « éradiquer la pauvreté » est au contraire le ciment de la start-up Nation. 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (ce qui représente, pour une famille de 4 personnes, un revenu de 2 131,50 euros mensuel).

La start-up Nation est portée par ceux qui réussissent et intègre ceux qui s’efforcent de réussir. « Il y a dans chaque enfant qui naît dans une famille pauvre un Mozart qu’on assassine. C’est insupportable d’injustice et de gâchis.» s’est désolé Emmanuel Macron.

L’insistance mise sur la petite enfance (avec une volonté de faciliter l’accès aux crèches des enfants défavorisés), et sur la nécessité de proposer des solutions aux jeunes isolés participe de la conviction que la réussite dépend du mérite personnel.

Le rôle de l’Etat est moins de protéger les citoyens les plus vulnérables que d’intervenir pour faire en sorte que l’effort puisse chez chaque individu porter ses fruits quel que soit son terreau initial. C’est pour cette raison que l’État ne doit pas s’affranchir de ses fonctions de régulation sociale.

Il serait illusoire de penser que Macron se soucie du quotidien des personnes isolées. La lutte contre la grande pauvreté est corolaire de l’attention accordée exclusivement à « ceux qui réussissent »et à ceux qui pourraient réussir (les enfants et les jeunes).

Restent exclus du consensus national « ceux qui ne sont rien », car les « pauvres » seront à présent mis en probation en permanence au moyen de la mise en place du Revenu Universel d’activité.

La « start-up Nation » n’est pas le creuset républicain.

« Je serais le président de tous les Français », avait promis Jacques Chirac le soir de son élection à la présidence de la République, en 1995, ajoutant : « Je veux un Etat qui n’isole pas». C’etait A l’epoque de l’ancien monde; celui où la France était la République et pas encore « la startup Nation ».

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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