GCO de Strasbourg : les écologistes donnent de la voix

L’annonce a fait l’effet d’une bombe : aux alentours de 18h30, le TA (Tribunal Administratif, ndlr) a donné son feu vert pour le lancement des travaux du GCO de Strasbourg (Grand Contournement Ouest), rejetant ainsi la demande de l’association Alsace Nature qui entendait suspendre l’arrêté autorisant le démarrage du chantier. « C’est un sérieux revers, mais rien n’est fini » s’indigne Maurice Wintz, chef du projet anti-GCO pour Alsace Nature. Quelques minutes plus tard, un cortège se formai, prenant spontanément la direction du centre ville pour faire entendre la voix des écologistes. Dans les rangs du collectif « GCO Non-Merci », l’heure est à la re-mobilisation.

 

Le cortège bloque les voies de tram entre la place Broglie et Homme de Fer.
Le cortège bloque les voies de tram entre la place Broglie et Homme de Fer.

 

Une lutte symbolique ?

« Ils nous marchent dessus ! » s’insurge Martin Hubert, un opposant de longue date. Pour ce jeune homme de 31 ans, le projet autoroutier contournant Strasbourg n’a qu’un but : créer un immense couloir autoroutier permettant le transport de grandes quantités de marchandises par camions. Or « ce projet n’a aucun sens, parier sur le pétrole et les transports de ce type en 2018 est une aberration, qui ne satisfait qu’un seul groupe : Vinci ». Dans quelques mois, les juges devraient s’exprimer une dernière fois sur le fond de l’affaire. En attendant, « Il faut bloquer ! » ajoute Martin, qui a lui même passé la nuit en garde a vue pour avoir tenté d’empêcher la déforestation sur les sites de la ZAD de Kolbsheim. « Il faut souhaiter que Kolbsheim devienne un site symbolique de la lutte pour l’écologie, c’est le même combat qu’à Notre Dames des Landes, sauf que notre inertie intéresse moins les médias », déplore-t-il. Les travaux de déboisement ont débuté lundi 10 septembre.

 

Des opposants réunis devant le Palais de justice en soutient aux zadistes
Des opposants réunis devant le Palais de justice en soutient aux zadistes

 

 

ZAD ou pas ZAD ?

Après avoir légèrement perturbé la circulation des tramways dans le centre ville de Strasbourg, le cortège a terminé sa course devant la Maire. Plus de deux semaines après l’évacuation de la ZAD de Kolbsheim, « il faut y retourner ! » scande Mikael Kugler, secrétaire-adjoint EELV Alsace. Alors que plus tôt dans la journée, deux opposants au GCO avaient été condamnés à plusieurs mois de prison avec sursis pour des actions de blocage menés la veille, le militant ajoute : « les actions vont continuer (…) car ils devront nous arracher chaque mètres de terrain ».

Martin Hubert prend la parole devant la mairie.
Martin Hubert prend la parole devant la mairie.

Selon lui, les Strasbourgeois doivent se préparer à d’autres manifestations sous leurs fenêtres.

« Ce n’est ni la première, ni la dernière ». Lui aussi souhaite que la ZAD de Kolbsheim devienne un symbole de la lutte écologique : « Pendant cette manifestation, d’autres membres du collectifs ont prévu d’autres actions, on communiquera dans les prochains jours » prévient-il.

Le député Yannick Jadot eurodéputé EELV a pris la parole après l'annonce du tribunal.
Le député Yannick Jadot eurodéputé EELV a pris la parole après l’annonce du tribunal.

Egalement présent à la manifestation, Yannick Jadot, eurodéputé EELV et ancien candidat à la présidentielle française, parle d’un « sentiment profond d’écœurement au vu de la mobilisation citoyenne des habitants pour protéger un patrimoine contre un projet dingue et aberrant ». «  Au moment où Macron va se faire honorer à New-York du titre de champion de la terre, dans les faits c’est le champion de la terre brûlée ».

Terre brûlée contre têtes brûlées de l’écologisme, le bras de fer ne fait que commencer…

Alexandre Mahler, à Strasbourg

(Clara Schmelck à Paris)

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Alexandre Mahler
Alexandre Mahler est stagiaire à la rédaction d'Intégrales

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