Le merveilleux récit européen ?

SPECIAL JOURNÉE DE L’EUROPE

​Une caricature de Plantu, dessinateur au Monde, résume sous forme de quatre fresques l’Histoire de l’Europe depuis les Romains pendant l’Antiquité, la Révolution française, puis la 2ème Guerre Mondiale, jusqu’à à l’Europe contemporaine. Les Romains pendant l’Antiquité, les Français en 1789 puis les Allemands en 1940 ont tenté de conquérir ce finistère de l’Eurasie et ont échoué.

La dernière fresque présente l’Europe actuelle, qui fonctionne du fait que les citoyens peuvent voter pour élire les députés au Parlement Européen. La seule Europe qui vaille est donc celle où les citoyens participent à cette association d’Etats. Aujourd’hui se construit l’Europe de la paix.« L’Europe est la paix qui est venue après le désastre de la guerre. L’Europe est le pardon entre Français et Allemands. Elle assimile à son projet tous les citoyens qui la composent – traités à égalité-. ​

​A travers ce dessin faussement naïf, Plantu caricature une Europe fière de ce qu’elle est aujourd’hui, et qui considère un peu vite qu’elle est arrivée à son point de maturité de son l’Histoire.

« C’est une œuvre formidable pour vous, pour moi, et plus encore pour nos enfants, que d’imaginer ce que sera demain l’Europe dans laquelle ils vivront parce qu’à ce moment-là ils vivront dans une communauté tout en ayant gardé leur patrie, préserver leur patrie, celle qu’ils aiment avant toute chose, et ils en auront conquis une deuxième : l’Europe, notre Europe. », lançait, lyrique, François Mitterrand à l’aube du réferendum pour le traité de Maaschtrit.

​Pourtant, on voit bien dans le même dessin que la situation actuelle de l’Europe représente un progrès, la paix, et que les citoyens manquent parfois de se rappeler le chemin accompli sur le vieux continent.

​Certes, le roman limpide et plein d’espoir de l’Europe ressemble à un conte merveilleux, en bute avec la réalité de l’UE tant l’Europe reste entourée de flous, secouée de discordes et d’interrogations quant à sa définition propose et à son devenir.

Mais, faut-il pour autant renoncer à faire ce roman ? Non, nous répond le dessin de Plantu, résolument pro-UE, dont le dessin a figuré en 2016 dans l ‘exposition intitulée « Décoder les étoiles », créée en collaboration avec la Commission européenne à l’occasion des 60 ans du Traité de Rome. Cette exposition dévoile 50 dessins de presse réalisés par des dessinateurs du monde entier afin de souligner les préoccupations des citoyens et d’illustrer avec humour les enjeux qui nourrissent la politique européenne depuis plus d’un demi-siècle.

« L’Europe est le retour à la liberté pour la Grèce, l’Espagne et le Portugal. L’Europe est la chute du mur de Berlin. L’Europe est la fin du communisme. L’Europe est l’État-providence, c’est la démocratie. L’Europe c’est les droits fondamentaux. Pourrions-nous vivre sans tout ça ? » , nous demande Esteban Gonzalez Pons, député européen espagnol.

​Exhortant l’Allemagne à ouvrir avec la France une « nouvelle étape » dans la construction européenne afin de « ne pas laisser le monde glisser dans le chaos et de l’accompagner sur le chemin de la paix, le président français, Emmanuel Macron a appelé de ses vœux en novembre 2018 une « Europe plus forte et plus souveraine ». Il estime et croit que « l’Europe ne pourra jouer son rôle si elle-même devient le jouet des puissances ».

« Notre monde se trouve à la croisée des chemins », a t-il fait remarqué, en mettant en garde contre le risque de voir le « nationalisme sans mémoire » et le « fanatisme sans repères » prendre le dessus sur la paix et la solidarité entre Européens.

Quand il y a feu en la demeure, il est urgent de raviver la flamme du roman européen. Mais, comment faire ce roman, et avec lui, faire l’Europe, selon l’expression consacrée ?

Farouk Atig, avec Clara Schmelck et Christophe Nonnenmacher

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