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L’incontrôlable Facebook fait perdre la tête aux États

Emmanuel Macron et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern lancent, mercredi dernier, à Paris, « l’appel de Christchurch » contre la violence en ligne. Facebook y a déjà répondu en restreignant l’usage de sa plateforme de vidéo en direct.

Des grandes entreprises du numérique et plusieurs États s’engagent à lutter contre la propagande terroriste et l’extrémisme violent sur Internet, mercredi 15 mai, à Paris, à l’occasion du deuxième sommet « Tech for Good ».

Emmanuel Macron et la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, réunissent plusieurs chefs d’État et de gouvernement, dont Theresa May et Justin Trudeau, et des dirigeants de groupes comme Facebook, Twitter, Google, Microsoft ou Amazon pour lancer « l’appel de Christchurch » contre le terrorisme et l’extrémisme violent sur Internet, deux mois après la diffusion en direct sur Facebook de l’attaque contre des mosquées en Nouvelle-Zélande.

La tuerie de Christchurch a provoqué un choc car l’attaque était « conçue pour être virale », a expliqué Jacinda Ardern au journal Le Monde. « Facebook, qui a été utilisé comme plateforme pour la diffuser en direct, a tenté de supprimer la vidéo : ils l’ont enlevée 1,5 million de fois. Durant les premières 24 heures, elle a été remise en ligne sur YouTube chaque seconde », rappelle la Première ministre néo-zélandaise.

Réguler à quelle échelle ?

Face à un tel phénomène, « nous ne pouvons agir seuls » à l’échelle d’un pays, insiste Jacinda Ardern. « Il faut apporter une réponse mondiale à un réseau mondial. »

Contre la haine en ligne, Cédric O dit :
« Il y a la responsabilité individuelle, celle des Etats qui doivent faire en sorte que la justice soit respectée et celle des réseaux sociaux : si un contenu est illégal il doit être retiré extrêmement vite ».

Le concept de régulation exprime l’action « de fonctions contrôlant d’autres fonctions,: sa fonction est de maintenir une forme d’organisation sociale qui soit suffisante pour faire tenir et évoluer dans le temps des ensembles humains, par nature complexes et instables.

Dans l’intérêt de Facebook

Facebook a déjà annoncé mercredi restreindre l’usage de sa plateforme Live de vidéo en direct, dont s’est servi le tueur de Christchurch. Désormais, les utilisateurs ayant déjà enfreint les règles d’utilisation du réseau social, notamment celles proscrivant les « organisations et individus dangereux », n’y auront plus accès pendant un certain temps. « Jusqu’à aujourd’hui, si des personnes publiaient du contenu contraire à nos standards de la communauté, sur Facebook Live ou ailleurs sur notre plateforme, nous supprimions leurs contenus », a écrit Guy Rosen, un haut responsable du groupe sur un blog. « S’ils continuaient de publier du contenu enfreignant nos standards, nous les empêchions d’utiliser Facebook pendant un certain temps, leur retirant ainsi la possibilité d’utiliser Facebook Live », a-t-il ajouté.

« Et, dans certains cas, nous les excluions de notre plateforme, en raison de violations mineures répétées ou, dans des cas plus rares, en raison d’une unique violation flagrante (comme par exemple l’utilisation d’une image de propagande terroriste comme photo de profil ou le partage d’images d’exploitation infantile) », a rappelé Guy Rosen.

Dès mercredi, toute personne ne respectant pas les politiques de Facebook les plus sensibles se verra interdire l’utilisation de Facebook Live pour une période déterminée, par exemple 30 jours, à compter de sa première infraction. Facebook prévoit aussi dans les semaines à venir d’empêcher ces contrevenants de passer des publicités sur le réseau.
Le directeur général de Facebook France Laurent Solly annonce mercredi sur franceinfo de nouvelles restrictions à la diffusion de vidéos en direct sur sa plateforme, qui auraient pu éviter la diffusion du massacre de Christchurch en mars dernier en Nouvelle-Zélande.
Facebook veut éviter la menace d’un blocage par les gouvernements
Le Sri Lanka a bloqué lundi l’accès de Facebook, WhatsApp, Instagram et plusieurs autres réseaux sociaux à la suite d’émeutes anti-musulmanes dans plusieurs villes, quelques semaines après les attentats de Pâques qui ont notamment visé des églises.
En Russie, selon l’avocat de #Telegram ce jugement « rapproche la Russie de pays où la haine triomphe, où l’on coupe des têtes et on fait la guerre contre le progrès et la liberté ».

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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